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Lundi 18 décembre 2017

FSSEP
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Contexte et positionement du projet : Sport, Mutations, Innovations et Responsabilités Sociales (SMIRS)

Il apparaît que depuis ses origines, le sport soit marqué par sa capacité à s’inscrire pleinement dans une contemporanéité et les préoccupations sociétales actuelles telles que la santé publique, les déviances sportives et sociales, le rôle des médias et les modes de consommation. Ces préoccupations mobilisent les acteurs impliqués dans le sport qu’ils soient nationaux ou européens.

Les éducateurs (entraîneurs et enseignants), les dirigeants (sportifs et politiques), les journalistes seraient-ils les seuls à n’avoir de compte à rendre à personne, échappant aux règles de base de la vie sociale ?

Deux attitudes se dégagent, la première positiviste qui limite la question du sport à ses valeurs. Le sport se conçoit selon une conception largement répandue qui est celle de valeurs intrinsèques, apparaissant alors comme un instrument d’intégration sociale, de dialogue multiculturel, de prévention à la santé. La simple pratique en favoriserait ses appropriations, idée largement répandue et publicisée par les médias mais cette conception apparait restrictive au regard de la réalité.

Une autre, plus engageante scientifiquement, est constructiviste et considère que les valeurs sont, d’une part, une construction sociale tenace et que, d’autre part, l’appropriation des valeurs ne peut être que le résultat d’une mise en œuvre de compétences professionnelles interdisciplinaires.  

Notre démarche est alors descriptive car elle analyse les mutations et les crises actuelles. Elle se veut prescriptive en apportant des solutions innovantes et scientifiquement fédératrices. 

Trois regards croisés sur ces mutations et les innovations qu'elles nécessitent.

Le XXème siècle témoigne de l'évolution rapide de la place occupée par le sport au sein de la société et inspire de nombreuses innovations.


- Certaines sont techniques, marchandes et médiatiques. Cette inscription massive et contemporaine du sport s’inscrit également dans un processus d’industrialisation de la communication (au sens de T.W. Ardono et W. Benjamin), qui apparaît alors souvent comme un élément « déconstructeur » de son essence et génère de nombreuses analyses, scientifiques et journalistiques. Il s’agit alors d’innover et de dépasser une approche instrumentale de la communication et une approche événementielle du spectacle pour identifier la place du sport et son rôle structurant dans un univers communicationnel innovant. Ce processus communicationnel se structure autour de logiques d’innovations permanentes et de promotions multiformes, où interagissent les enjeux et les contraintes du mouvement sportif, du monde économique, de la puissance publique et des médias, l'ère de la communication postmoderne recomposant cet univers de relations (individus-citoyens, spectateur-téléspectateur, producteur-consommateurs, spectacle in situ-spectacle in visu, tribus-communautés, sphère publique-sphère privè…).

- D’autres s’adressent aux usages qu’il est fait du sport et aux vertus et valeurs qui lui sont attribuées dans le domaine de la santé telle que l’appréhende la charte d’Ottawa : une ressource physique, mentale, sociale et environnementale.  Cependant, les déterminants de cette ressource sont, en dehors du patrimoine biologique de chacun, des constructions, issues parfois des représentations construites par les médias, que la société tente de faire acquérir notamment à travers les processus éducatifs. Notre approche se focalise donc sur la compréhension des mutations qui ont abouti à l’usage du sport à des fins éducatives et de santé, ainsi qu’a la compréhension des interactions entre l’individu et son environnement sociétal dans ce contexte. Son objet final est de définir, mettre en œuvre et évaluer, pour les déterminants ce que sont l’habitus de santé et les capacités d’adaptation,  l’environnement social et de l’éducation, des interventions innovantes appréhendées au travers de l’objet sport et s’adressant à des publics multiples et ciblés. 

- Enfin, nombre de discours institutionnels, médiatiques, politiques présentent le sport fédéral sous un jour vertueux. Or, on sait que regarder et pratiquer le sport procure des expériences plus problématiques, traumatisantes, violentes. Cette réalité, qui n'est pas en soi une anomalie, mérite d'être travaillée par les sciences humaines et sociales. Dans un continuum allant de la violence physique à la violence symbolique, notre approche prendra en compte plus particulièrement les agressions physiques et les incivilités dans le sport, ainsi que les contraintes associées à la formation et la carrière des sportifs de haut niveau.

 

 

 





Page mise à jour le 14/03/2012 (11h36)
 
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